Mon chien jappe... et si on apprenait d’abord à écouter ?
- Maryse Perreault

- 11 janv.
- 5 min de lecture

Quand un chien jappe, on a souvent le réflexe de se sentir gêné, stressé… ou de vouloir que ça cesse tout de suite. Pourtant, le jappement n’est pas “un défaut”. C’est un langage. Japper, c’est dire : « Je suis excité », « Je suis inquiet », « J’ai besoin d’aide », « Quelque chose se passe ici ! » .
Normaliser le jappement ne veut pas dire tout accepter.
Cela signifie simplement qu’avant de corriger, on cherche à comprendre. Et quand on comprend, on peut réellement apporter une aider. Aider veut dire ; accompagner le chien avec bienveillance, sans chercher à supprimer son mode de communication. Être à son écoute, c’est lui montrer que nous le comprenons et que nous le prenons en considération. C’est ainsi que la relation de confiance se construit.
Si je suis triste, il est logique que mon parent, mon ami ou une personne de confiance vienne me consoler. S’il m’arrive d’avoir peur, c’est aussi vers eux que je peux me tourner. Ce sont dans ces moments-là que l’on sait sur qui compter… et parfois qui éviter 😉.
Le principe est le même pour le chien lorsqu’il jappe. Il exprime une émotion et pour pouvoir l’aider réellement, l’accompagner avec bienveillance, il est essentiel d’en comprendre la cause et l’émotion qui se cache derrière ses jappements.
Pourquoi les chiens jappent-ils ?
Les causes les plus fréquentes :
L’excitation
Le jeu, la visite d’un ami, la promenade… Certaines émotions sont si fortes que le jappement devient une soupape. Ce n’est pas de la “désobéissance” : c’est un trop-plein d’énergie émotionnelle.

La peur ou l’anxiété
Un bruit soudain, une situation inconnue, la solitude, un changement dans la routine… Le jappement devient alors : « Je ne me sens pas en sécurité. »
L’alerte
Beaucoup de chiens jappent pour prévenir : quelqu’un approche, un bruit inhabituel, une odeur nouvelle. Leur rôle ancestral était de surveiller et signaler. C’est instinctif et parfois prédisposé par le code génétique, selon la race du chien.
La frustration
Barrière, laisse, interdictions répétées, accès limité… Le chien voit, veut, n’y arrive pas et jappe. Le jappement devient alors un exutoire émotionnel, un peu comme lorsque l’on sacre ou que l’on crie après s’être cogné le petit orteil.
L’ennui ou le manque de stimulation
Un chien qui ne dépense pas assez son corps et son cerveau peut trouver dans les jappements une activité. On parle parfois de « besoins non comblés ».
La demande d’attention
Certains apprennent que japper = interaction (même si c’est pour se faire gronder). La réaction humaine renforce parfois, sans le vouloir.
La douleur ou l’inconfort
Un changement soudain dans la fréquence ou l’intensité des jappements peut être un signal de mal-être physique. Dans le doute : vétérinaire.
Ce qu’il faut éviter !
Crier pour faire taire le chien
Souvent, le chien croit qu’on “jappe” avec lui… et ça monte d’un cran et cela encourage le chien sans le vouloir.

Punir sans comprendre
On éteint le symptôme et on aggrave la cause. C’est aussi ternir la relation, car on démontre au chien qu’il ne sera ni compris ni pris en compte. Qu’on souhaite simplement le faire taire, coûte que coûte, plutôt que de chercher à l’aider. À force de vouloir le faire taire à tout prix, on fragilise la relation et pourtant, c’est justement dans ces moments-là que la confiance devrait se construire.
Comparer son chien aux autres
C’est oublier qu’il est avant tout un individu à part entière. Chaque chien a son histoire, son tempérament, ses besoins, ses capacités et ses limites. La comparaison n’apporte rien de positif, rien de concret pour aider la situation. Elle détourne simplement l’attention de ce qui compte vraiment : comprendre ce chien-là, ici et maintenant.
Quelques gestes simples pour apaiser les jappements
mais encore faut-il que la cause soit correctement identifiée.
Sans comprendre ce qui déclenche le jappement, ces gestes restent superficiels et risquent de ne pas apporter l’aide réelle dont le chien a besoin; on apaise en surface… sans jamais réellement soulager le chien. Cela dit, ces gestes simples ne nuisent pas au chien. Dans le pire des cas, si la cause est mal identifiée, ils enrichissent tout de même son quotidien et contribuent à son bien-être général.
1. Observer avant d’intervenir
Demande-toi : Qu’est-ce qui se passe juste avant qu’il jappe ? Note les situations, les lieux, les personnes, les bruits. Tu y verras vite des patterns.
2. Donner un “travail” au cerveau
Jeux de recherche, entraînements courts, petits défis olfactifs : un chien mentalement occupé jappe moins… parce qu’il est satisfait.

3. Adapter la dépense physique
Pas seulement plus longtemps, mais mieux ciblé : séances libres, marche calme, variété de terrains, pauses sniffage.
4. Apprendre le calme… sans forcer
Tapis de repos, routines prévisibles, récompenses quand le chien choisit de se poser. Le calme s’enseigne ; il ne s’impose pas.
5. Gérer l’environnement
Cacher la vue sur la rue, mettre une distance, utiliser des barrières bien pensées, prévoir des occupations pendant les moments sensibles. Moins de déclencheurs = moins de jappements.
6.Rediriger… plutôt que faire taire
Proposer une alternative au lieu d’interdire. Un jouet à mâcher, une recherche olfactive, une action simple à réaliser. Rediriger permet au chien d’exprimer son besoin autrement, sans nier son émotion. On canalise, on accompagne, on guide… plutôt que de couper la communication.
7. Désensibiliser… en respectant le rythme
Exposer graduellement le chien au déclencheur, à une intensité qu’il peut gérer. À distance, sur de courtes durées, avec des associations positives. La désensibilisation ne vise pas à endurcir le chien, mais à lui apprendre que le déclencheur n’est pas une menace. La sécurité émotionnelle précède toujours le silence.
8.Être patient, vraiment
Changer une émotion, ça prend du temps. Ton chien n’est pas “têtu” : il essaie. Le jappement, un message… et une opportunité.
Derrière chaque jappement, il y a une histoire !

Un besoin non comblé, une émotion, un apprentissage passé, une tendance génétique exprimée. Quand on arrête de voir le jappement comme “un problème à faire taire”, on découvre qu’il est souvent le premier signal dont on a besoin pour mieux accompagner son chien. Apprendre à écouter, c’est lui offrir : plus de sécurité, plus de confiance, une relation plus douce et plus solide.
Et si on le travaillait ensemble ?
Si tu te sens dépassé(e), c’est normal. Chaque situation est unique et parfois, un regard extérieur fait toute la différence. Je peux t’aider à :
• comprendre la vraie cause des jappements de ton chien
• mettre en place un plan simple, respectueux et réaliste
• retrouver plus de calme à la maison… sans casser la relation
On évalue, on planifie, on progresse au rythme de ton chien. Si tu veux en discuter, je suis là avec bienveillance et sans jugement.




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